Nous les anarchistes

Il existe un fossé immense entre ce qu’est réellement l’anarchisme et les mensonges qui y sont associés par les médias de masse, les gouvernements et les patrons. On accuse les anarchistes d’être des êtres violents , des assoifé-e-s de sang, voire même des meutriers, des poseurs de bombes et des terroristes. Il est vrai, qu’à une certaine période, certains anarchistes croyaient pouvoir changer la société par des actes individuels de terreur. Cette époque est révolue, ancienne même. Elle date du tournant du 20ième siècle, il a de cela plus de 100 ans. Il serait temps que les journalistes apprennent le scoop… L’anarchisme est un ensemble théorique et pratique servant à l’émancipation sociale de la classe ouvrière PAR la classe ouvrière(1).

On nous traîte de jeunes voyous issus tout récemment des milieux contre-culturels, quand en fait nous faisons partie d’un mouvement ayant des racines historiques, se puisant dans les idées à la fois socialistes et libertaires. Nous étions de la partie durant la Révolution Mexicaine (1910), la Révolution Russe (1917), la Guerre civile espagnole (1936), Mai 1968 (en France et ailleurs). Dans les dernières années au Québec, nous avons été sur les premières lignes de la dernière grande grève étudiante (1996), qui a regroupé des milliers de personnes voulant s’instruire gratuitement et autrement. Contre la mondialisation capitaliste, nous avons été la principale force radicale, en mesure d’inspirer tout un ensemble des gens pour qui « un autre monde est possible ».

Logement, travail, environnement, immigration, anti-racisme, égalité hommes-femmes…la liste de nos fronts de luttes semblent toujours s’allonger au fur et à mesure que les maux de la société s’aggravent. Parfois les combats sont victorieux, mais ils restent isolés, des fois mêmes inconnus. Voilà quelque chose qui fait le bonheur de la classe dirigeante, il ne faudrait surtout pas qu’il se propage l’idée que les anarchistes sont en mesure de changer les choses pour le mieux.

Nous, les anarchistes, prônons l’égalité, la liberté, la justice, la dignité humaine. On ne pense pas que tout cela tombera du ciel. Il faudra une révolution sociale. Utopistes? Certes. Mais aussi réalistes. Nous savons que nous ne ferons pas cette révolution seul-e-s. Heureusement, notre histoire et notre exprérience de lutte récente nous montre que l’ensemble des exploité-e-s et des opprimé-e-s ont intérêt à pousser dans ce sens.

Les civilisations sont mortelles. Le capitalisme aussi. Nous ne sommes donc pas condamné-es à rester enchaîné-es à ses dogmes et ses diktats. Il y a une vie après le néolibéralisme, elle mérite d’être vécue.

(1) Ici le terme classe ouvrière est employé dans son sens le plus large, dans son sens le plus significatif, c’est à dire regroupant les travailleurs-euses, les sans-emploi, les jeunes, les étudiant-e-s, etc

====================
Extrait de Cause Commune no 4, le journal de la NEFAC.

Publicités

Les commentaires sont fermés.

%d blogueurs aiment cette page :