Les étudiants et étudiantes endormi(e)s Ou La montée de la droite

Une autre association étudiante s’est prononcée contre la grève dernièrement (l’Association Étudiante du Secteur des Sciences de l’UQÀM). Au risque de paraître pessimiste, je ne crois pas qu’il y aura une grève étudiante cet automne, voire même cet hiver. Je trouve les étudiant(e)s (qu’ils et elles soient au cégep ou bien à l’université) carrément endormi(e)s par le discours ambiant néolibéral. On dirait qu’une bonne partie d’entre eux (et elles) sont rendus avec des coeurs de pierre et que leur valeur suprême se résume malheureusement à deux choses: l’argent et leurs criss de nombrils.

Je n’arrive tout simplement pas à comprendre comment ça se fait, que la même génération, qui est montée aux barricades en 2005 à cause d’une coupure dans le programme des prêts et bourses,  ne réagit presque pas lorsqu’on réduit l’accessibilité aux études supérieures. Comme si elles avaient subies un lavage de cerveau depuis la fin de la dernière grève…

J’ai comme l’impression que plusieurs choses démontrent clairement une montée de la droite au Québec, et ce à plusieurs niveaux. Les étudiants et étudiantes ne veulent plus défendre leurs droits, l’ADQ devient l’opposition officielle à l’Assemblée nationale, les discours racistes et xénophobes concernant l’immigration se font de plus en plus présents… J’exagère peut-être, mais reste que la gauche au Québec est en train de manger une estie d’claque. Comment et quoi faire pour inverser la tendance ?

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4 Réponses to “Les étudiants et étudiantes endormi(e)s Ou La montée de la droite”

  1. Il faut faire attention. Oui, il y a genre 3 assos qui ont proposé la grève et pour qui elle n,a pas passé. Mais quelles sont ces assos?

    L’AESS-UQÀM… Elle a fait un référendum de grève. Aucun débat vraiment possible, drette en partant. En plus, les modalités de la campagne de grève disaient que personne de l’extérieur (même pas des autres assos de l’UQÀM) ne pouvaient venir aider au travail de la mobilisation. En dépit de cela, ça a quand même pas passé à 60% (ce qui est pas si mal, quand tu regardes le reste)

    Le cégep du vieux-Montréal… oui, ça a pas passé à 60% (c’est presqu’une constante, le putain de 60%). Mais, dixit un militant du cégep, la population étudiante est en effet plus la même. Il n’y a plus les petits groupuscules anars qui sortaient de nulle part pour bloquer des rues, c’est un cégep de 1er tour. Elle a été la première asso à passer au vote (après l’AFESH qui elle l’a eu, son mandat de GGI), la mobilisation se faisait plus ou moins bien.
    En plus, deux techniques particulièrement réacs sont «mystérieusement apparues en masse» au moment de passer au vote secret. L’AG avant le vote avait genre ±1000 personnes (dixit le militant qui a compté) et au vote secret, plus de 1300. Tiens! C’est juste que les deux techniques sont massivement sorties des classes pour voter contre.

    Il y en a une autre, à Trois-Rivières… le cégep ou l’université, je me rappelle pu. 60% contre (Encore?!!?!?!?!). Mais bon… 3-Rivières! Je veux dire… est-ce que c’est elle qui a starté le mouvement en 2005? j’ai ouï dire que non! C’était même une qui est partie en 3e vague et pour laquelle ça a tout pris, presque. Elle est quand même mystérieusement sortie de l’ombre, comme ça. Si je me trompe pas, c’est elle qui a au lieu d’un «comité mob» un comité «gratuité scolaire» (un comité gratuité scolaire… faut le faire en esti, tsé!). Si c’est pas elle, c’est une autre asso (non-membre de l’ASSÉ). Tsé… 60% pour une asso qui sort de nulle part… c’est pas mauvais!

    J’ai l’impression que c’est parce que 2005 est trop proche, de un, et que l’on s’est fait bypasser par le PQ… pardon, la FECQ et la FEUQ, lors de la dernière grève. On a même pas obtenu le statut quo à l’issue de la dernière grève, faut-il le rappeler.

    En plus, l’enjeu n’est pas le même. Les coupures de 103 millions… t’es pour, ou t’es contre. En plus, ça touche plus de monde (beaucoup de bénéficiaires de l’AFE, au Québec).

    Une position sur les frais de scolarité (la gratuité scolaire est amenée au courant de cette grève), ben… t’es divisé-e, tsé! T’as dégel, dégel «raisonnable», indexation, gel des frais, réduction des frais dans une perspective de gratuité scolaire, gratuité scolaire, gratuité scolaire avec salariat étudiant… De quoi en perdre son latin!

    En 2005, je crois qu’on savait qu’On voulait ravoir les 103 millions. Mais là… qu’est-ce qu’on veut? La gratuité scolaire complète, partielle (sans le matériel, sans les frais afférents et TAN)? Quand est-ce qu’on la veut?

    C’est plus dur!

    Sans vouloir jouer à l’autruche et me dire que «tout va bien», je ne crois pas que la situation soit si mauvaise. Des assos sont quand même réapparues, les anglos (Dawson, Mc Gill et Concordia) commenç(ai?)ent à nous suivre et se pointent très souvent aux congrès de l’ASSÉ.

    C’est pas rose… mais tout espoir n’est pas perdu!

  2. Si les étudiants choisiraient la grève, ils devraient avoir un très bon leadership, et ils n’en possède pas.

  3. Je suis dans le mouvement étudiant depuis la grève de 2005 et je dois avouer que cette année, la grève, je ne la sens pas «pantoute». Pas que je suis contre la grève, au contraire, je vais être le premier dans la rue, mais ont dirait qu’il y a un «je-m’en-foutisme» généralisé suite à la propagande que l’ADQ et le PLQ ont fait à propos des frais de scolarité.

    Les jeunes aiment «Super Mario» parce qu’il est «jeune», mais ils prennent tout ce qu’il dit pour du cash. La quasi-totalité (~90%) des jeunes ne sont pas ou mal informés sur cette question et quand on les informe comme il faut (je suis dans le CMGUL [Comité de Mobilisation pour la Grève à l’Université Laval]) il ne veulent rien entendre et ça ne les dérange pas de payer toujours plus cher.

    L’excuse qu’on entend le plus souvent c’est «on est la province où ça coûte le moins cher». Pas totalement faux, ni totalement vrai, mais pourquoi toujours se comparer! On pourrait pas faire différent des autres?!

  4. Justement ! Ici, au Québec, c’est moins cher ce qui résulte à l’accessibilité et le taux de scolarisation le plus haut de tout le Canada ! Le fait de dégler les frais de scolarité n’aura pour objectif que de réduire cet avantage que nous avons, et ainsi procéder à un retour en arrière.

    C’est du réactionnisme le « je-m’en-foutisme », ainsi que de penser d’une façon ultra-simpliste !

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