D’autres tenants du nationalisme trompeur

Les médias nous apprenaient récemment que le Parti Indépendantiste, qui fut accrédité par le DGE le 18 octobre dernier, a tenu hier son assemblée publique de fondation. Ce parti a l’intention de présenter ses pantins dans les 125 circonscriptions, à la prochaine élection. La différence entre ce parti et le PQ, c’est qu’il a l’intention de réaliser la souveraineté par la voie d’une élection référendaire. Mais les différences s’arrêtent là.

Car nous sommes une fois de plus en présence d’un parti qui tentera de faire croire aux électeurs et électrices du Québec que la souveraineté est la solution à tous nos problèmes. On esquivera la question sociale, on ne parlera pas de pauvreté, ni du manque de logements sociaux, ect. On se fera encore casser les oreilles par des hommes et des femmes croyant que la source des nombreux maux qui accablent notre société sont attribuables au drapeau canadien et au gouvernement canadien.

Le nationalisme n’est pas et ne sera jamais une solution pour régler une question sociale. Cet outil de division a toujours été utilisé par les classes dirigeantes pour contrôler les masses. Il s’agit d’un moyen de diversion…qui marche malheureusement encore. À quoi bon avoir un pays si les hommes et les femmes qui sont exploité(e)s chaque jour par le système capitaliste, ne peuvent avoir le contrôle sur leurs milieux de vie et leurs propres existences ?

Ni patrie, ni État, ni Québec ni Canada !

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9 Réponses to “D’autres tenants du nationalisme trompeur”

  1. clusiau Says:

    Right on !
    Ni patrie, ni État, ni Canada…..ni chef, ni argent créé frauduleusement.
    La personne humaine libre, seulement. Merci

  2. Je suis tout à fait d’accord avec ton opinion sur le Parti Indépendantiste et le mouvement nationaliste québécois en général. En fait, je suis d’accord avec tout ce que tu as écris sauf une phrase et 4 mots… Je te laisse deviner lesquels 😉

    Eh oui, j’ai un sérieux problème avec « Ni patrie, ni État » et avec la phrase « Le nationalisme n’est pas et ne sera jamais une solution pour régler une question sociale. »

    Je n’entrerai pas trop dans les détails ici (je compte le faire dans une critique de l’anarchisme qui paraîtra l’automne prochain), mais réalises-tu qu’en écrivant ce slogan et cette phrase, tu ne fais pas juste condamner le nationalisme impérialiste (ce qui est bien sûr tout à fait correct), mais que tu es aussi en train de condamner le nationalisme et le patriotisme des nations opprimées?

    Quand tu écris des billets comme « Ni sionisme, ni islamisme » et « D’autres tenants du nationalisme trompeur », réalises-tu que tu es en train de condamner la lutte du peuple palestinien pour son indépendance nationale? Que tu es en train de condamner les luttes des peuples bhoutanais et népalais contre l’expansionnisme indien? Les luttes de dizaines de nationalités opprimées en Inde? Ou encore, plus près de chez nous, la lutte de la nation afro-américaine pour son émancipation? Je pourrais donner des dizaines d’exemples comme ça… Réalise tu ce que le slogan « Ni patrie, ni État » veut dire pour les peuples autochtones qui sont pris en otage par l’impérialisme canadien?

    Ce n’est tout simplement pas vrai que le nationalisme ne peut pas régler de questions sociales. L’histoire prouve le contraire. Aux USA, le nationalisme noir et le nationalisme latino ont un immense potentiel révolutionnaire. Au Canada, le nationalisme autochtone a ce même potentiel, et il doit être appuyé par les gens qui s’auto-proclament révolutionnaires parmi les nations colonisatrices, ou sinon ces militantEs (qu’il soient anars ou autres) ne méritent pas de s’appeler révolutionnaires et/ou anti-impérialistes.

    What do u think?

  3. décembre Says:

    ……Aux USA, le nationalisme noir et le nationalisme latino ont un immense potentiel révolutionnaire…..

    Quand les USA seront révolutionnaires, les poules auront des dents !

  4. Je viens de checker mes emails, et un camarade vient de m’envoyer une batch de dessins et de photos. Ces deux là (voir lien) m’ont fait penser à tes commentaires sur le nationalisme 😉

    Pinoy & Pinay Pride!

    Ni patriotisme bourgeois, Ni État bourgeois!
    Support Oppressed Peoples’ Patriotism and Nationalism!
    Nations Want Liberation! People Want Revolution!

    Bon ok, là je vais arrêter ça et je vais te laisser une chance de répondre. Anyways, faut que j’aille travailler là, et j’aurai plus accès à Internet pour une semaine ou qqchose du genre. Lal salaam.

  5. Comme je manque de temps pour te fournir une réponde de mon cru, en attendant je copie ici une partie d’un texte de la NEFAC, en attendant:

    Contre le nationalisme

    Voilà en quoi nous nous distinguons du courant politique qui domine les mouvements de libération nationale depuis la Deuxième Guerre mondiale, l’idéologie du nationalisme.

    Selon cette idéologie, la tâche essentielle de la lutte anti-impérialiste consiste à créer des États-nations indépendants: c’est par l’État que la nation en tant que telle pourra exercer sa volonté générale. Kwame N’krumah, le fer de lance de l’indépendance du Ghana, disait: «Recherchez premièrement le royaume politique» est devenu le principal slogan du Convention People’s Party,car sans l’indépendance politique, aucun de nos projets de développement social et économique ne pourrait être appliqué. » [1]

    Pour atteindre cet objectif, les nationalistes prétendent qu’il faut unir toutes les classes au sein de la nation opprimée contre l’oppresseur impérialiste. Ils affirment que l’expérience commune de l’oppression nationale rend secondaires les différences de classes, ou encore que la notion de classe est un concept importé qui ne s’applique pas dans leur cas.

    Les intérêts de classe dissimulés derrière l’idéologie nationaliste sont évidents. Historiquement, ce sont la bourgeoisie et la classe moyenne des nations opprimées qui ont inventé et propagé le nationalisme. C’est une forme d’anti-impérialisme qui souhaite se défaire de l’impérialisme mais conserver le capitalisme, un anti-impérialisme bourgeois qui veut donner à la bourgeoisie locale une nouvelle place, la possibilité d’exploiter la classe ouvrière locale et de développer un capitalisme local.

    Notre rôle d’anarchistes face aux nationalistes est donc clair: nous pouvons lutter à leurs côtés pour des réformes et des victoires partielles contre l’impérialisme, mais nous luttons contre leur idéologie étatiste et capitaliste. Nous avons pour rôle de gagner le soutien des masses à notre critique de toute domination, d’éloigner les ouvriers et les paysans du nationalisme et de les gagner à notre programme anarchiste et internationaliste de classe.

    Bakounine et la Première Internationale

    Le soutien aux mouvements de libération procède directement de l’opposition des anarchistes à toute structure politique hiérarchique et aux inégalités économiques, et de leur projet de confédération internationale librement constituée de communes autonomes et d’associations libres de producteurs libres. Mais l’anarchisme rejette nécessairement les solutions étatiques à l’oppression nationale.

    Si on peut désigner un fondateur de l’anarchisme, c’est bien Michel Bakounine (1818-1876). Sa théorie politique prend son origine dans les mouvements de libération nationale des peuples slaves, et toute sa vie il milita pour ce qu’on appelle aujourd’hui la décolonisation. Lorsqu’il évolua du nationalisme panslave à l’anarchisme, dans les années 1860-1870, suite au désastre de l’insurrection polonaise de 1863, il continua à militer en faveur des luttes pour l’autodétermination des peuples.

    Bakounine ne pensait pas que l’Europe impérialiste «puisse maintenir dans l’asservissement» les pays colonisés: «L’Orient, ces huit cents millions d’hommes endormis et asservis qui constituent les deux tiers de l’humanité, sera bien forcé de se réveiller et de se mettre en mouvement.» Il proclame «hautement ses sympathies pour toute insurrection nationale contre toute oppression» : chaque peuple «a le droit d’être lui-même et personne n’a celui de lui imposer son costume, ses coutumes, ses opinions et ses lois». Pour lui, la libération doit s’accomplir «dans l’intérêt tant politique qu’économique des masses populaires» : si la lutte anticolonialiste se mène «avec l’intention ambitieuse de fonder un puissant État» ou si elle se fait «en dehors du peuple et ne pouvant, par conséquent, triompher sans s’appuyer sur une classe privilégiée», elle sera forcément «un mouvement rétrograde, funeste, contre-révolutionnaire». [2]

    «Toute révolution exclusivement politique, soit nationale et dirigée exclusivement contre la domination de l’étranger, soit constitutionnelle intérieure, lors même qu’elle aurait la république pour but, n’ayant point pour objet principal l’émancipation immédiate et réelle, politique et économique du peuple, serait une révolution illusoire, mensongère, impossible, funeste, rétrograde et contre-révolutionnaire.» [3] Si la libération nationale est entendue comme autre chose que le simple remplacement des oppresseurs étrangers par des oppresseurs locaux, le mouvement de libération doit donc fusionner avec le combat révolutionnaire de la classe ouvrière et de la paysannerie contre le capitalisme et l’État. Sans objectifs révolutionnaires sociaux, la libération nationale ne sera qu’une révolution bourgeoise.

  6. Malheureusement, ce n’est pas un texte de la NEFAC, mais bien un texte d’un militant d’une autre organisation en Afrique du Sud (à moins que vous avez décidé d’étendre encore la définition de « North Eastern »).

    Joke à part, je suis pas sûr que j’ai assez de temps libre pour m’engager dans un débat avec des anars en Afrique du Sud. Par contre, si tu me dis que la NEFAC appuie ce texte, ça me fera plaisir d’y répondre.

    De ce que j’en sais, la NEFAC ne s’est pas encore entendu à l’interne sur une ligne commune sur la libération nationale. Tu sembles (je peux me tromper bien sûr) être une des premières, sinon la première, porte-parole-non-officielle de ton orga. à se prononcer par écrit là-dessus (vive la démocratie des blogs!).

    En ce qui concerne la Fédération dans son ensemble, je trouve ça très douteux pour une organisation qui se dit anti-impérialiste de ne pas écrire de textes de fond sur l’anti-impérialisme, mais bon… dans le fond, c’est peut-être juste parce que je suis maoïste que je dis ça…

  7. Le texte qu’Arwen cite a été publié dans le Northeastern Anarchist et dans Ruptures, sans en faire une position officielle de la NEFAC, ça démonte un certain intérêt.

    Comme je disais, dans un autre tread, la NEFAC a bel et bien une position commune. C’est même un point spécifique de nos Buts et principes (notre document politique de base).

    Pour ce qui est de l’absence de textes de fond sur la question de l’impérialisme, je noterais juste que c’est le cas de toutes les autres questions! Nous n’avons que deux, oui deux!, textes de fond adopté en congrès: un sur le syndicalisme et l’autre sur l’organisation révolutionnaire.

    Sinon, nous avons aussi un texte sur la question québécoise qui a été adopté en congrès comme… brouillon pour une éventuelle position officielle. C’est là: http://nefac.net/node/1114

    Finalement, Cause commune a publié un texte sur l’impérialisme (http://nefac.net/node/2244) et un autre sur le nationalisme (http://nefac.net/node/2242).

    C’est sur que ce n’est pas des positions de congrès mais c’est le plus proche qu’il y a de disponible actuellement.

  8. @Maxime:

    Si on s’en tiendrait à débattre de la question du Québec dans ce fil de commentaires, ce serait plus facile pour moi. Et si tu souhaite débattre de mon article au sujet du conflit israélo-palestinien, je te prierai de le faire dans le fil de commentaire de cet article. Juste pour que soit plus facile, de un et de deux, plus logique.

    Je me répète, mais dans le cas de ma position au sujet d’Israël et de la Palestine, c’est l’extrémisme religieux que je dénonce.

  9. Je vais citer l’un de mes camarades de la NEFAC qui a très bien décrit l’opposition des anarchistes au nationalisme:

    La question à mille balles: pourquoi les anars sont contre les nationalismes? Vous avez déjà vu un nationalisme inclusif? NON, sauf dans les belles paroles des nationaleuSEs gauchisantEs. Vous avez déjà vu un nationalisme mener à quelque chose de positif? NON, l’ex Yougoslavie, l’actuelle Russie et plusieurs autres exemples historiques vous le prouveront. Vous avez déjà vu un nationalisme profitable pour touTEs? NON. On y recrée toujours le même système d’exploitation, même « entre nous ». Les friquéEs exploitent toujours les masses, qu’elles soient nationales ou immigrantes. (http://voixdefaits.blogspot.com/2008/02/ah-le-bloc.html)

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