Le cancer de Québec

Sous ses belles apparences d’une tranquille capitale nationale, Québec et ses banlieues cachent pourtant une réalité moins belle à voir; celle de la présence en son sein de boneheads (skinheads racistes). La controverse liée au scandale de la prostitution juvénile semble avoir alimenté ces groupes et individus qui sont devenus plus actifs. L’attitude de certains médias, qui ont laissé entendre qu’il y avait des liens entre le Wolf Pack et le groupe de rap Limoilou Starz (liens qui se sont avérés être complètement faux), a mis le feu aux poudres et a envenimé un climat qui était déjà fort tendu. 

Quelle est l’idéologie de ces groupes et individus ? Ils croient à la suprématie de la race blanche. Ils sont opposés à l’immigration, à la démocratie, à l’homosexualité, au féminisme, à l’égalité, au socialisme, pour ne nommer que ceux-là. Ce sont des nostalgiques de l’Allemagne nazie et de ses politiques de purification ethnique. Ils attribuent la cause du chômage et autres problèmes économiques à l’immigration (ce qui rappelle le vieux préjugé des «voleurs de jobs»).

La quantité de ses individus qu’abrite notre ville est difficile à évaluer. Une partie d’entre eux ont pignon sur rue à Sainte-Foy et sont éparpillés dans divers groupuscules. Les boneheads sont davantage actifs dans les banlieues, que dans le Vieux et le centre-ville de Québec. Leurs activités sont plutôt underground, se résumant à des conférences rassemblent peu de personnes, des journaux racistes à faibles tirages et à quelques graffitis (dont un demandant la fin de l’immigration et la déportation des Québécois et Québécoises d’origine étrangère). Il arrive cependant que ces personnes ne se contentent pas de mots et de dessins afin de propager leurs idéaux et qu’elles fassent usage de violence, parfois (voire même souvent) gratuite et barbare, que ce soit envers des minorités visibles, des homosexuels ou tout simplement envers des personnes qui ne sont pas en accord avec leur idéologie. L’attaque sauvage qu’a subit le rappeur Eddie Racine à l’été 2006 en est un exemple. Ce dernier, un père de famille, a été battu brutalement, avant d’être laissé pour mort au milieu de la rue, dans le quartier Montcalm.

Ces graffitis ne se limitent pas à des croix gammées. Les inscriptions 14 et 88 sont des codes. Le nombre 14 réfère aux quatorze mots de la phrase : «Nous devons protéger la survie de notre race et le futur des enfants blancs». Le nombre 88 tant qu’à lui réfère à la huitième lettre de l’alphabet (H) pour «Heil Hitler».

Une autre partie des sympathisants et sympathisantes néo-nazis se retrouvent parmi les fans de NSBM (National Socialist Black Metal). Ces personnes sont toutefois minoritaires au sein des admirateurs et admiratrices de ce style musical, représentant qu’environ 20 % du lot. Les paroles des groupes en faisant parti traitent de national-socialisme (nazisme), de paganisme, de nationalisme extrême et d’antisémitisme.

Il est possible en tant que simple citoyen et citoyenne de poser des gestes afin de remédier à la situation, en commençant par refuser et dénoncer les manifestations de racisme que nous vivons ou apercevons dans notre vie quotidienne. Il est clair que ce mal ne disparaîtra pas instantanément. Mais il est essentiel de faire en sorte que ces idéaux ne puissent pas s’enraciner de façon profonde au sein de notre communauté. Avez-vous envie de voir ce mal se propager ? Un cancer est guérissable, alors qu’un cancer généralisé…l’est beaucoup moins.

N.B. Je suis l’auteure de ce texte et je l’avais publié auparavant sur RW.
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Une Réponse to “Le cancer de Québec”

  1. Salut! Bien intéressant, je ne suis pas très au fait de ce qui se passe dans le coin de Québec.

    Perso j’aime bien le black metal, et j’écoutais certains groupes avant de me rendre compte qu’ils faisaient parti du lot NSBM. Le paganisme, j’veux bien, mais le reste, ça m’a refroidi assez rapidement…

    Sinon, merci pour le texte…

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