Buts et principes de l’ULC

Buts et principes de l’Union communiste libertaire

tels qu’adoptés au congrès de Montréal en novembre 2008

L’Union communiste libertaire (UCL) est une organisation de militants et militantes venant de différents mouvements de résistance, s’identifiant à la tradition communiste dans l’anarchisme et ayant comme objectif commun une rupture révolutionnaire avec l’ordre établi. Les activités de l’UCL sont organisées autour du développement théorique, de la diffusion des idées anarchistes et de l’intervention dans les luttes de notre classe, que ce soit de façon autonome ou par une implication directe dans les mouvements sociaux.

Communisme libertaire

Comme communistes libertaires, nous luttons pour une société sans classe et non-hiérarchique. Nous envisageons une fédération internationale de communautés et de lieux de travail radicalement démocratiques et autogérés. Pour parvenir à cette société, notre classe abolira le salariat et socialisera toutes les industries, les moyens de production et de distribution. Nous rejetons la division du travail qui condamne un individu à une vie d’activités restreintes pour les seules fins de l’économie marchande. L’abolition des marchés et de la valeur d’échange permettra la satisfaction des besoins humains en adhérant au principe communiste : « de chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins ».

Capitalisme

Nous cherchons à abolir toutes les formes de capitalisme, qu’il s’agisse du capitalisme de libre-marché ou du soi-disant socialisme, le capitalisme d’État. Le capitalisme crée une société divisée en deux classes sociales antagonistes : une petite élite, la classe dirigeante, et une large classe ouvrière exploitée. La classe dirigeante possède et contrôle les moyens de production et de distribution et est donc capable de monopoliser la richesse. La possession de ces deux fonctions primaires de la société lui permet de diriger la production selon ses propres intérêts de classe (production de marchandises, accroissement des profits, expansion sans limite, etc.) sans considération pour la société dans son ensemble. Ceux et celles qui ne font pas partie de la classe dirigeante capitaliste sont forcé-e-s, pour survivre, de vendre et louer leur travail, physique ou intellectuel, en échange d’un salaire. Nous sommes piégé-e-s dans l’esclavage salarié.

Lutte de classes

À cause de l’inégalité, et des intérêts de classes irréconciliables, il existe une lutte permanente entre les différentes classes sociales. Tous les aspects de la société capitaliste moderne, qui s’est développée sur des siècles de conflits, sont un résultat direct de cette lutte. La perspective communiste libertaire s’est développée à travers les luttes quotidiennes de la classe ouvrière contre l’oppression de classe.

L’État

Nous sommes également opposé-e-s à toute forme d’étatisme et de gouvernement. Le but de tout État, que ce soit une « démocratie représentative » ou une dictature totalitaire, est d’administrer la société d’une façon qui garantie les privilèges de la classe dirigeante. Pour ce faire, l’État doit centraliser et monopoliser le pouvoir par un réseau complexe d’institutions politiques, législatives, judiciaires, militaires et financières. Au fil des ans, l’organisation de plusieurs services sociaux importants, tels que l’éducation et la santé, ont été étatisés et bureaucratisés. Ce système enlève le pouvoir aux individus et permet d’établir une société basée sur le contrôle et la hiérarchie qui nie le potentiel d’organisation sociale et politique de la classe ouvrière. Nous croyons en la démocratie directe et en ce sens nous considérons qu’aucun parti ou « état ouvrier » ne pourra mener à une révolution sociale, nous rejetons donc de facto le parlementarisme et l’électoralisme pour parvenir à une société égalitaire.

Patriarcat

De toutes les oppressions du monde, la plus enracinée est celle du patriarcat, structure qui légitime la domination de l’homme sur la femme. Cette domination s’exprime partout, à la fois dans les domaines publics et privés. Quoiqu’il soit perpétué par le capitalisme et l’État, le patriarcat existait avant eux et, sans confrontation, existera après leur abolition. L’anarcha-féminisme est une théorie et une pratique par laquelle nous critiquons et attaquons le triple règne du patriarcat, du capitalisme et de l’État. C’est seulement en unissant la perspective révolutionnaire de classe de l’anarchisme et la critique féministe du patriarcat que le féminisme et l’anarchisme peuvent atteindre leur but commun de libération humaine. « Il n’y aura pas de révolution sans libération des femmes. Il n’y aura pas de libération des femmes sans révolution. »

Racisme

L’exploitation et l’oppression s’expriment aussi par des inégalités sociales et des hiérarchies basées sur le construit social de race et l’origine ethnique. Comme le patriarcat, cette forme d’oppression sociale est utilisée pour diviser et affaiblir la classe ouvrière et doit être combattue à tous les niveaux. En Amérique du Nord, la stratification de classe fut définie, en très large mesure, par la race. Quoique le racisme soit perpétué par le capitalisme et la société de classe, il ne disparaîtra pas nécessairement avec l’abolition de la structure sociale capitaliste. Nous travaillons à combattre le racisme sous toutes ses formes et nous appuyons ceux et celles de notre classe qui s’organisent de façon autonome à l’intérieur du mouvement révolutionnaire autour de formes spécifiques de libération sociale.

Libération Queer

Les institutions de domination utilisent , pour se reproduire, la binarité sexuelle et de rôles nous obligeant à être catégorisé-e-s autant en ce qui à trait à l’identité genrée que sexuée. L’hétérosexisme, l’hétéronormativité et l’hétérocentrisme limite un développement personnel libre et émancipé en reproduisant un environnement ou les différences sont niées, stigmatisées et répressées. Nous cherchons un environnement libre de socialisations oppressives qui nous entraînent dans des identités sexuelles et des styles de vie spécifiques.

Écologie

Le capitalisme, dans sa logique de croissance infinie, menace aussi la planète de destruction écologique. Ce désastre permet à la classe dominante de s’enrichir pendant que le reste de la population mondiale subit les conséquences négatives engendrées par le mode de production actuel. La société que nous envisageons est liée au monde naturel de façon inhérente. Nos besoins et nos désirs doivent se réaliser de manière écologiquement soutenable.

Impérialisme

Le capitalisme s’attaque aux populations par l’impérialisme et sa manifestation : la guerre. L’impérialisme se manifeste de deux façons : par la force brute (les interventions militaires étatiques directes) et la coercition économique (à travers les institutions financières internationales). Comme communistes libertaires, nous sommes opposé-e-s à ces deux formes d’impérialisme.

Nationalisme et internationalisme

Nous rejetons toute forme de nationalisme puisqu’il ne sert qu’à redéfinir les divisions dans la classe ouvrière internationale. La classe ouvrière n’a pas de patrie, et les frontières nationales doivent être éliminées. Nous devons encourager et développer la solidarité internationale, qui un jour jettera la base pour une révolution sociale globale. Nous n’appuyons pas l’idéologie des mouvements de libération nationale, lesquels prétendent qu’il y a un intérêt commun entre la classe ouvrière et la classe dirigeante d’une même nation face à la domination étrangère. Bien que nous donnions notre appui aux luttes de la classe ouvrière contre l’impérialisme économique et politique, le racisme, les génocides et la colonisation, nous sommes opposé-e-s à la création d’une nouvelle classe dirigeante. Nous croyons que la défaite de l’impérialisme ne viendra que d’une révolution sociale menée contre les impérialistes et la classe dirigeante locale. Cette révolution sociale devra se répandre au delà des frontières nationales.

Nous sommes internationalistes et nous reconnaissons qu’une révolution sociale devra être globale pour réussir. Nous développons et maintenons des relations internationales, une solidarité et des discussions pour bâtir un mouvement anarchiste révolutionnaire uni.

Révolution sociale

Nous reconnaissons que tout système profondément enraciné et basé sur le pouvoir et les privilèges ne se laissera pas abolir pacifiquement. La vraie libération ne peut être atteinte que par la révolution sociale, rendue possible par l’auto-organisation ouvrière, Pour nous, le concept de révolution sociale n’est pas une métaphore abstraite mais plutôt une très réelle guerre sociale contre toute forme d’oppression. Quoique nous ne fétichisions pas la violence ou la lutte armée, nous comprenons que la classe ouvrière devra user de force révolutionnaire pour amener l’émancipation sociale. Une telle situation révolutionnaire ne peut émerger que de mouvements sociaux et de l’activité autonome de la classe ouvrière. Nous préconisons la radicalisation de toutes les luttes par la démocratie directe, l’action directe et la solidarité. Par cette radicalisation et notre implication dans les différents mouvements de résistances auxquels nous participons, nous encourageons le développement d’une conscience de classe autonome, le seul garde- fou contre la récupération politique.

Organisation anarchiste

Nous défendons, partout et toujours, l’organisation autonome et l’auto-activité révolutionnaire de la classe ouvrière. Nous croyons que, ne serait-ce que pour mener la bataille des idées, les organisations anarchistes sont nécessaires. Nous rejetons la vision qui réduit la révolution à la prise de pouvoir autoritaire par un parti centralisé croyant agir au nom des masses. Nous savons que cette vision a mené à des dictatures sanglantes et n’a rien à voir avec le socialisme. L’organisation anarchiste n’est ni un parti, ni une avant-garde autoproclamée, mais une minorité active dans la classe ouvrière. C’est un point de ralliement prenant part à la lutte théorique et pratique contre toute idéologie autoritaire.

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