Eugénisme primitiviste, prise II

C’est la première fois que je publie une deuxième fois l’un de mes textes. J’ai assisté ce soir à une conférence de Christian Labrecque (un militant de gauche québécois) qui portait sur les luttes armées au Canada. Sa conférence, dans son ensemble, ne m’a pas dérangée.

J’ai été choquée lorsqu’il a diffusé un extrait d’un film (dont j’ai malheureusement oublié le nom), portant sur la thèse d’un auteur anti-civilisationnel, car j’ai vu que le primitiviste américain John Zerzan y figurait. J’ai été révoltée de constater qu’il y a toujours des militant(e)s de gauche appuyant son discours réactionnaire et totalement absurde. N’ayant pas l’énergie pour écrire un autre texte pour dénoncer cette foutue doctrine, j’ai décidé de publier de nouveau un ancien texte sur le sujet.

Des propos tenus par des anarcho-primitivistes lors de la conférence de John Zerzan aujourd’hui au salon du livre anarchiste de Montréal, ont de quoi faire bondir n’importe quelle personne saine d’esprit. Les primitivistes sont contre toute forme de technologie et pour une réduction de la population mondiale afin que les personnes survivantes puissent vivre de chasse et de cueillette. Lorsqu’une personne a demandé ce qu’il faudrait faire des personnes handicapées qui ont parfois besoin de certaines technologies pour vivre, une personne adhérant à cette idéologie a rétorqué qu’il pourrait être utile de les laisser crever !

C’est exactement le même discours eugéniste des nazis ! La même criss d’affaire ! Et ces malades osent se revendiquer de l’anarchisme ! Ça me fait penser aux boneheads qui osent se réclamer du mouvement skinhead, même si celui-ci est de nature anti-raciste. Pourquoi tenez-vous tant à salir ce mouvement auquel je tiens tant ? Vous n’êtes pas des anarchistes, loin de là. Les libertaires ne soutiennent pas une politique génocidaire comme celle que vous préconisez. Je n’en revenais tout simplement pas quand j’ai entendu cela. Pour la raison que je vis moi-même avec un handicap (syndrome d’Asperger). C’est pas des farces, j’ai eu envie de brailler lorsque ces propos m’ont été rapporté ce matin par un camarade de la NEFAC. Jamais je n’aurais cru que des « anarchistes » pourraient un jour tenir de tels propos…

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36 Réponses to “Eugénisme primitiviste, prise II”

  1. Bakouchaïev Says:

    Wow. C’est effectivement le discours nazi et eugéniste. Ils proposent quoi pour réduire la population? Ce serait intéressant (quoi que..) de les entendre là-dessus.

    En même temps, ce n’est peut-être pas tous ces gens qui pensent ainsi. Il faudrait voir.

    Christian Labrecque (si c’est qui je pense) m’apparait tout de même assez intelligent et je doute qu’il soit eugéniste lui-même.

    Je ne suis pas primitiviste (on ne va tout de même pas dépaver les autoroutes) mais il y a selon moi place pour une critique de la civilisation et du soi-disant «progrès» qui en découle.

    On peut penser aux armements et à la bombe atomique, aux machines qui remplacent les humains et les laissent sur le chômage, tout ce qui pollue (c’est large)etc. Les anarchistes devraient avoir des critiques à formuler sur ces enjeux.

    Mais là, ça fait peur en effet et ce n’est pas du tout anarchiste de s’exprimer ainsi.

  2. Je me souviens de cet évènement au salon du livre. Ça m’avait surtout donné l’impression d’une guerre menée par des marxistes qui voulaient se débarrasser de toutes les tendances non-conformes.

    C’était un débat tout à fait théorique finalement. Il ne concernait après tout que très peu les modes de vie alternatifs et les solutions. C’était surtout idéologie du Progrès contre idéologie du Déprogrès. J’ai répondu par un billet vraiment choquant, sans doute un des pires de l’histoire de mon blogue. Mais bon, le déterminisme me fait royalement chier.

    Bien entendu, je comprends l’intérêt de dénoncer l’eugénisme de plusieurs primitivistes.

  3. Ça me semble foutrement crétin, en effet!

    Cependant, je suis en faveur de la réduction de la population, surtout dans le système actuel, en décidant volontairement de ne pas procréer et éduquant plus les gens à la contraception, mais en sauvant d’autres enfants en les adoptant.

    De plus, avec le temps, je suis devenu un anti-primitivisme (sauf pour se rappeler que des milieux primitifs ont été vraiment anarchistes, ce qui est intéressant), car cette idéologie repose sur des fausses prémisses technophobes. Peut-être suis un anarcho-technotiviste ou un anarcho-technophile? 😉 J’estime que le développement de la technologie est une condition nécessaire mais non suffisante au progrès vers la liberté.

    @Bakouchaiev

    « On peut penser aux armements et à la bombe atomique »

    Il y a une différence entre « la technologie » et « l’arme utilisée pour agresser » (ou « l’utilisation néfaste d’une technologie ») qui peut très bien être les poings ou les mains nues. De plus, en l’absence d’État ou d’hiérarchie de pouvoir, ces armements ne seraient presque plus utilisées, sauf des armes de poing ou des fusils de chasse.

    « aux machines qui remplacent les humains et les laissent sur le chômage »

    Voilà une des fausses prémisses vomies par les primitivistes:

    1) D’abord, les emplois « perdus » par la technologies sont presque toujours remplacés par des emplois créés par la technologie (sauf que parfois, ce ne sont pas les mêmes qui remplacent les anciens travailleurs, et ça là que toute la confusion se crée).

    2) Même si, un jour, cette affirmation s’avérait vraie (et je l’espère), cela réduira le temps de travail des humains, ce qui est une bonne chose qui réduira notre asservissement!

    « tout ce qui pollue (c’est large)etc. »

    Les technologies récentes sont moins polluantes que les anciennes.

    Le véritable libre-marché, un concept intrinsèque à l’anarchie, apporterait un développement technologique plus vigoureux que jamais.

  4. «Je ne suis pas primitiviste (on ne va tout de même pas dépaver les autoroutes) mais il y a selon moi place pour une critique de la civilisation et du soi-disant «progrès» qui en découle.»

    Il y a effectivement une énorme différence entre le primitivisme et la décroissance.

  5. «J’ai répondu par un billet vraiment choquant, sans doute un des pires de l’histoire de mon blogue.»

    Ouais je me souviens…je ne l’avais pas du tout aimé d’ailleurs !

    Merci à vous trois d’avoir pris la peine de commenter ce billet. Ça fait du bien de constater que je ne suis pas la seule personne qui considère que cette doctrine n’a absolument aucun sens.

  6. «Peut-être suis un anarcho-technotiviste ou un anarcho-technophile?»

    S’il y a une chose que je déteste de tes commentaires David, c’est ta manie de coller le mot «anarcho» avec à peu près n’importe quoi. Mais bon, je ne te dirais pas comment écrire non plus. Mais je voulais le dire.

  7. « Il y a effectivement une énorme différence entre le primitivisme et la décroissance. »

    Bien dit. Mais personnellement, j’estime qu’on ne devrait pas se soucier de la croissance. Croissance et/ou décroissance et/ou stabilité et liberté peuvent aller de pair.

    Ta critique est pertinente, surtout ici, ou « anarcho » aurait pu être supprimé complètement. Tu as raison.

  8. Bakouchaïev Says:

    @ Le machinisme, ce n’est pas du poulet. Tu peux l’étudier avec des faits empiriques. Parcontre, quand tu dis «D’abord, les emplois « perdus » par la technologies sont presque toujours remplacés par des emplois créés par la technologie», ça ce serait une prémisse et ça me semble de la bullshit d’économiste de droite. Le but des capitalistes c’est de couper dans les moyens de production, ce qui inclue la main-d’oeuvre. Pourquoi tu penses que les banques se sont tourné vers des gichets automatiques?

    Et puis j’ai bien parlé de l’arme atomique et non pas de l’énergie nucléaire. Ton exemple avec les mains nues ne s’applique guère ici. De toute façon avec les déchets radioactifs et une catastrophe comme Tchernobyl, c’est très sensé d’après moi de critiquer l’énergie nucléaire même quand elle est utilisée à des fins civiles.

    Présentement la réduction du temps de travail (travail précaire) engendre la pauvreté et l’exclusion sociale. Mon travail actuel ne me permet pas de vivre convenablement parce que le travail cesse constamment (je peux ne pas avoir d’heures pendant 3 mois). Et puis bonne chance pour trouver autre chose présentement et de concilier horaire d’étude et horaire de travail. Ça fait trois ans que je passe d’une job merdique à une autre. Dans le contexte actuel, c’est intenable et ce n’est pas viable à long terme. En fait, ce n’est pas une vie.

  9. BlackBloc Says:

    >>aux machines qui remplacent les humains et les laissent sur le chômage

    Ouais mais ca ce n’est pas un problème technologique, mais toute la question sociale en soit. L’automatisation ne serait pas un problème, elle serait même bénéfique, si les moyens de production étaient possédés en commun. Ainsi lorsqu’une tâche serait automatisée, cela serait libérateur et allègerait le fardeau de tous les travailleurs plutôt que d’être uniquement une façon pour la classe possédante de réduire ses coûts de main d’oeuvre.

    Notons aussi que la machine est particulièrement efficace pour éliminer les tâches répétitives et abrutissantes, et que de ce fait il serait de loin préférable de les automatiser (en autant que tous profitent de cela et pas seulement une élite possédante) car cela permettrait d’éviter de conserver une classe d’individus devant faire un travail ne permettant pas l’épanouissement personnel de leurs talents (dans une société anarchiste, d’ailleurs, il me semble que ces tâches seraient distribuées à tous pour être plus juste, donc leur élimination encore une fois rapporterait à tous).

  10. BlackBloc Says:

    Notons que l’énergie nucléaire est une forme de production d’énergie inefficace, qu’aucun réacteur nucléaire n’a pu être rentable financièrement sans recevoir des subsides de l’État, et que la seule et unique raison de sa promotion par nos élites est qu’il s’agit d’une forme de Relation Publique pour réabiliter l’énergie nucléaire aux yeux du public. Il est possible que la fusion, lorsqu’elle sera perfectionnée, sera plus efficace, mais la fission nucléaire n’est pas une forme d’énergie que l’on devrait cautionner. Et la je ne parle même pas des retombées écologiques (il y a un argument crédible que si le choix est entre le nucléaire ou les combustibles fossiles, le nucléaire est mieux sur ce point… mais il y a aussi l’éolien, le solaire, et le géothermique à considérer, entre autres, sans parler de la réduction de la consommation).

  11. « Le but des capitalistes c’est de couper dans les moyens de production, ce qui inclue la main-d’oeuvre. »

    Bien sûr, mais la technologie est un moyen de production.

    « Pourquoi tu penses que les banques se sont tourné vers des guichets automatiques? »

    Parce que ça coûte moins cher et que c’est plus efficace qu’un air bête ouvert à des heures merdiques et pas assez nombreuses, sauf pour les transactions compliquées.

    « Et puis j’ai bien parlé de l’arme atomique et non pas de l’énergie nucléaire. Ton exemple avec les mains nues ne s’applique guère ici. »

    En fait, je faisais précisément référence à l’arme atomique, dont l’utilité serait nulle en l’absence d’État et d’hiérarchie de pouvoir.

    « De toute façon avec les déchets radioactifs et une catastrophe comme Tchernobyl, c’est très sensé d’après moi de critiquer l’énergie nucléaire même quand elle est utilisée à des fins civiles. »

    Oui, ta critique est justifiée, mais:

    1) L’énergie nucléaire était un monopole d’État en URSS, ce qui explique en partie les problèmes de sécurité.

    2) Malgré les points négatifs, il s’agit d’une technologie plus avancée et moins polluante que les centrales thermiques aux hydrocarbures.

    « Présentement la réduction du temps de travail (travail précaire) engendre la pauvreté et l’exclusion sociale. Mon travail actuel ne me permet pas de vivre convenablement parce que le travail cesse constamment (je peux ne pas avoir d’heures pendant 3 mois). Et puis bonne chance pour trouver autre chose présentement et de concilier horaire d’étude et horaire de travail. Ça fait trois ans que je passe d’une job merdique à une autre. Dans le contexte actuel, c’est intenable et ce n’est pas viable à long terme. En fait, ce n’est pas une vie. »

    C’est vrai, mais ça n’a rien à voir avec la technologie. Ce sont des effets pervers du système capitaliste et je sais très bien de quoi tu parles.

  12. Bakouchaïev Says:

    @ David : Mon point était qu’on peut difficillement analyser présentement les conséquences de l’introduction des technologies dans nos vies en dehors du capitalisme. La société auto-gestionnaire idéale est hypotétique et ma critique par rapport à la techno c’est qu’elle n’est pas mise au service de l’humanité mais du Capital. Effectivement certaines (plusieurs en fait) technologies pourraient être utilisées dans une société anarchiste (un gichet automatique, c’est quand même pratique), mais je n’incluerais pas le nucléaire là-dedans.

  13. Voilà, le problème est le capitalisme, pas la technologie!

    « je n’incluerais pas le nucléaire là-dedans. »

    Sauf en médecine, l’utilisation du nucléaire devrait être très limité et le point soulevé par Black Bloc est pertinent. On s’entend là-dessus.

  14. le conférencier Says:

    Ce ne sont pas les primitivistes qui, en ce noment, créent des hécatombes à travers le monde, détruisent les conditions de reproduction du vivant et de sa biodiversité à un rythme accéléré, perpétuent les guerres et les massacres, le génocide des autochtones… Il est à mon avis plutôt urgent de comprendre que c’est cette civilisation qui est à la base du grand massacre qu’est l’histoire. Plutôt que de rapporter tout croche sans lecture fondamentale les propos des primitivistes pour les diaboliser, vous devriez plutôt vous attarder à comprendre comment réellement détruire les fondements de ce système si destructeur. Je vous encourage à aller vous-mêmes écouter les extraits de films en question à endciv.com et à lire Derrick Jensen et même le diabolisé John Zerzan. À ce moment, nous pourrons réellement débattre de l’essentiel plutôt que de la démagogie perpétuelle de certainEs anarcho-communistes plateformistes ou non orthodoxes dont certainEs de l’UCL ou de d’autres groupes dont je tairai le nom de crainte de leur faire plus de publicité qu’ils en méritent. D’un tas de gens dont l’imagination est si restreinte parfois qu’ils ne peuvent que très peu envisager un monde tout à fait différent que celui basé sur l’écocide, le génocide, la destruction… toutes choses qui nous sommes de plus en plus nombreuses/nombreux à ne pas vouloir continuer ni autogérer.

    Je vous encourage aussi puisque que cela vous concerne à lire cette présentation critique du marxisme et de l’anarchisme traditionnel recueillie sous forme de texte et à le lire indépendamment de toute réputation de son auteur

    For America to Live, Europe Must Die !

    à la section Speeches du site russellmeans.com

  15. Au lieu de répondre aux propos qui sont dénoncés dans cet article; tu préfères attaquer l’UCL et ses membres en les traitant de démagogues. Es-tu en accord avec ces propos oui ou non ?

  16. « il y a toujours des militant(e)s de gauche appuyant son discours réactionnaire et totalement absurde »

    Les anticivs sont pas à gauche, mais post-gauche, ce que tu saurais, si tu avais fait tes devoirs.

    http://www.johnzerzan.net/articles/the-left-no-thanks.html

    Maintenant, qui est réactionnaire?

  17. Esprit critique Says:

    Donc ni de gauche, ni de droite? Vraiment post-moderne alors!

  18. le conférencier en question Says:

    Je ne traite pas tous les membres de l’UCL de démagogues. Mais celles et ceux qui ne font que reproduire des soi-disant propos qui ne semblent trop souvent n’exister que dans leur perception et celle de leurs semblables. Ça m’amène à penser qu’ils n’ont aucun intérêt à comprendre, mais plutôt à salir. Pour ce qui en est de Zerzan, je vous inviterai à l’écouter vous répondre plus directement à certaines de vos questions dont celle-ci (est-il un eugéniste, un partisan du massacre des populations… ?) dans cette entrevue que j’ai réalisée en 2008
    à http://hors-doeuvre.org/forum/pris/2008-06-02.mp3

    La réponse courte est qu’il ne se considère pas eugéniste, partisan de la destruction des populations, mais constate que la destruction de la planète engendrée par la civilisation y mène. Là-dessus, je ne peux qu’être d’accord. Alors comment éviterons-nous l’hécatombe générale ? C’est là il me semble une des questions les plus fondamentales.

  19. Esprit critique Says:

    @ Le conférencier en question

    Je suis allé faire un tour sur le site que tu conseilles (russellmeans.com). Assez pathétique. Le gars se prend vraiment pour une star! Il est fier de dire que même Hollywood s’intéresse à lui (c’est lui qui fait la voix du père dans Pocahontas, lol!) C’est ça vos références?

  20.  »15.05.2008 – Déclaration de guerre

    L’aventure du progrès en milieu anarchiste est un combat ardu. Plusieurs tendances ont défiguré à coups de vaines théories le projet social auquel nous nous identifions. Le libéralisme politique n’est pas une solution souhaitable à nos problèmes de cohérence. Nous sommes persuadé-es que le débat est indispensable pour résoudre la crise, que l’anarchisme ne peut être encore «tout et n’importe quoi» au risque de voir sa communauté se faire définitivement digérer par le système. L’attitude réfractaire à toute critique, venant d’un milieu qui prétend l’être, constitue un frein au progrès.

    L’anarchisme est une doctrine révolutionnaire qui a pour objectif de changer le cours de l’histoire. Bien sûr, nous voulons une société juste composée d’êtres libres et égaux, une société exempte d’aliénation et susceptible d’atteindre le bonheur à terme. Mais adopter une position théorique de la sorte est insuffisant puisqu’il s’agit d’une posture plastique socialement acceptable. En ce sens, nous pensons qu’il est inapproprié de présenter ces revendications à la population sans programme politique concret.

    Or, compte tenu des circonstances sociales défavorables, l’écriture d’une plateforme sérieuse nous semble prématurée. L’objectif de la Coalition est beaucoup plus modeste que cela: promouvoir le progrès(1) et la raison en attaquant sans relâche les idéologies frauduleuses qui font obstacle à l’élaboration d’une stratégie efficace. Cela nous place nécessairement en position avantageuse puisque nos ennemi-es n’ont absolument aucun objectif viable.

    Nous savons d’expérience que la pratique contestataire lifestyle se limite dans l’espace et le temps, entre vie privée et carpe diem. L’idéologie dominante influence tous les membres de la société et le milieu anarchiste n’est pas épargné. Il flirte avec certaines idées prêtes à être vendues sur le marché universitaire. Les victimes sont issues de la jeunesse dilatée intégrant sans friction les marchandises rhétoriques dans le vent. Les arrivages sont constants. Végétalisme, zen, hédonisme, consensus, pacifisme, points d’interrogation. Les nouvelles indulgences du libre marché ont pour fonction l’intégration des révolutionnaires tranquilles via la promotion du fantasme de l’autonomie. L’individualiste devra admettre que «les distances que l’on prend par rapport aux rouages du système représentent un luxe qui n’est possible que comme produit du système lui-même.»(2)

    En déclarant la guerre à l’Histoire et à la gauche, John Zerzan s’est désigné lui-même comme cible légitime. Comme tous les gourous de secte, il dresse un tableau apocalyptique de la société actuelle pour ensuite marteler sa thèse édénique selon laquelle la belle humanité fut paléolithique. Ses errements sont visibles dès les premières lectures tant ses textes empestent la mauvaise foi intellectuelle. L’individu Zerzan aime utiliser les grand-es auteur-es à sa convenance, sans égard pour ce qu’ils et elles ont réellement dit et pensé. On assiste à une surabondance de citations hors contexte qui lui permettent de dire n’importe quoi. Nous allons vous épargner les détails quant aux innombrables erreurs de logique formelle, à l’occultation de sources concurrentes et aux interprétations fallacieuses de penseurs experts, sans oublier ses commentaires ésotériques au sujet de la conscience extrasensorielle de l’homo habilis(3). Johnny le Primitif est un imposteur.

    L’écart entre théorie et pratique chez l’individu Zerzan est terrifiant en ceci qu’aucune pratique ne peut se soustraire à la civilisation; les armes de sa critique sont le produit de cette même civilisation. Un conférencier qui s’oppose au langage, un primitiviste qui prend l’avion, un écrivain à succès contre la réification… Il y a de quoi rire. John n’est qu’un vulgaire vendeur de livres. Son équipe de production entretient autour de lui un culte de la personnalité. La couverture de son dernier ouvrage est significative à cet égard: son portrait, retouché numériquement.

    En dernière instance, c’est sur la communauté libertaire que repose la responsabilité de juger de son seuil de tolérance. L’inertie relative du milieu commande une déclaration de guerre, et vlan! Voilà une occasion unique de définir ce que nous sommes et ce que nous ne voulons pas être. Nous, anarchistes pour le progrès, sommes en faveur de la liberté d’association et refusons d’être réuni-es d’une quelconque façon avec les individualistes, primitivistes et postgauchistes. L’exclusion idéologique constitue la seule arme de toute communauté politique fondée sur la raison. Nous vous invitons à prendre position dans vos groupes respectifs et à agir en conséquence, notamment au sein du Collectif du Salon du livre, ultime clique anarcho-libérale à Montréal.

    La guerre de la liberté doit être faite avec colère!

    la CPMA

    (1) La Coalition est consciente que le développement chaotique de la technologie dans une société de classes est intrinsèquement celui de la domination. La bourgeoisie profite des moyens de production à sa guise. Chaque étape du progrès capitaliste renforce donc l’oppression et l’exploitation et menace ainsi de transformer le progrès en son contraire, c’est-à-dire en barbarie planifiée. Toutefois, notre méfiance envers le progrès n’est pas névrotique au point de devenir la peur de la kultur, car nous pensons que l’humanité est en mesure d’améliorer son sort. Le prolétariat peut et doit faire la révolution communiste. C’est ainsi que les mauvais jours finiront. Les intellectuel-les postmodernes aiment penser que nous sommes désormais dans l’âge du désespoir et du nihilisme populaire. Le bonheur n’est plus possible, résignez-vous pauvres cons.

    (2) Theodor W. Adorno (1951), Minima Moralia: Réflexions sur la vie mutilée. Éditions Payot & Rivages (2003), p. 27

    (3) «On peut aussi considérer la pratique chamanique du rituel comme une régression par rapport au stade où tous partageaient une conscience qu’on appellerait aujourd’hui extrasensorielle.» John Zerzan (1994), Futur primitif. Éditions L’Insomniaque (1999), p. 54 »

    Source: http://www.hors-doeuvre.org/dis/2008-05-15.html

  21. Je vous demande, tout simplement, de me dire ce que vous pensez de ces propos et vous n’êtes même pas foutus de me répondre ! Ça ne prend pas un BAC à ce que je sache !

  22. J’ai une question pour les primitivistes/anticiv : Si la science et le développement technologique ont effectivement permis à l’humanité de commettre les pires atrocités, niez-vous que du bon en soit également ressorti? Il y a quelques années, je suis devenu sourd. Vraiment, à 100%. Grâce à la science, à la technologie médicale, on a pu m’opérer et insérer dans mes oreilles des implants cochléaires qui me permettent aujourd’hui d’entendre à nouveau. Dites-moi sans broncher que vous savez mieux que moi ce qui est bon pour moi; dites-moi que je devrais souhaiter être sourd.

    C’est un exemple individuel, banal peut-être, mais qui illustre un principe général : la nature n’est pas parfaite, et l’humanité a, contrairement aux autres animaux ou aux végétaux, la capacité de transformer le monde qui l’entoure, d’adapter l’environnement pour rendre la vie meilleure. Ce n’est pas la technologie qui mène le monde à sa perte, ce sont l’exploitation, le profit, le pouvoir. Votre énervement contre la technologie, au stade où vous en êtes, n’aide aucunement l’humanité à progresser. Vous devriez au moins avoir la décence de vous tenir loin de l’anarchisme (et d’encourager vos alliéEs anarcho-verdâtres à faire de même), qui n’a rien à voir avec vos fantasmes préhistoriques.

  23. Tout d’abord :
    http://infokiosques.net/imprimersans2.php?id_article=94

    La pensée de Zerzan est construite sur rien moins que des mensonges, au moins par omission : non les sociétés primitives n’étaient pas toutes anarchistes, loin de là, pas plus que les sociétés autochtones passées. Il faut bien se mettre ça dans le crâne : Zerzan ne cite que les études qui appuient son point de vue préconçu (le bon sauvage de Rousseau), et ignore celles qui le contredisent.
    Je ne vois pas ce qu’il y a à ajouter.
    À part que finalement c’est assez grave dans la mesure où l’anthropologie pourrait bien nous aider, nous autres anarchistes, à imaginer une société égalitaire en harmonie avec son environnement. Une recherche à faire dont Zerzan se crisse parce que lui, il a tout compris.

    Maintenant une mise au point : nous avons quand même intérêt à critiquer la technologie. Nous avons intérêt à dépasser le stade zéro de la réflexion qui consiste à ne voir dans la technologie qu’un outil dont l’usage peut-être positif ou négatif. Nous avons aussi intérêt à nous souvenir que sous les régimes soviétique et capitaliste, la technologie jouait exactement le même rôle, celui de symbole de puissance.

    Les technologies dont on a hérité aujourd’hui sont le résultat de cette course à la domination. Tu aimes l’énergie nucléaire ? Souviens-toi qu’il a fallu deux bombes sur le Japon pour avoir nos centrales. Et une fois la révolution achevée, bonne chance pour t’occuper des déchets avec ton groupe affinitaire, ainsi que pour garder ces lieux hautement stratégiques contre toute agression extérieure, et aussi pour prévoir des plans d’évacuation rationnels de la population en cas de coup dur.

    On peut aussi, utilement, se souvenir que la robotisation était censée nous libérer du travail (ah ah), que l’atome devait apporter une énergie propre et infinie, que la génétique devait permettre de soigner toutes les maladies, que les OGM devaient mettre fin aux famines dans le monde, et que le monde était devenu un grand village global grâce à internet. Attendez, c’est pas fini : grâce aux nanotechnologies, on sera bientôt immortels !

    Ah oui : au cas où vous n’auriez pas noté, les progrès médicaux dont nous profitons n’ont absolument pas été développées dans le souci que le monde entier puisse en profiter. On en parle aujourd’hui comme autant de droits inaliénables, mais il est tout à fait incertain que l’on puisse les étendre à tous – mais, évidemment je ne suis pas contre. En attendant, il faudra toujours des petits Congolais pour aller chercher le coltan dans les mines pour nos téléphones portables.

    La technologie est une vision du monde et elle a de plus en plus tendance à remplacer la politique. Les experts, formés au sein du système technicien, décident de ce qu’il faut faire. Par inculture, paresse ou vieux reste d’héritage marxiste (remettre en question la science ? Sacrilège !), les anarchistes sont infoutus de s’en rendre compte. Pire, certains reprennent mot pour mot la propagande frelatée des détenteurs du pouvoir, et laissent ainsi le terrain aux (zerz)ânes qui rêvent de chasse et de cueillette (sans ces boulets d’handicapés, bien sûr). Quant aux écolos de la décroissance, qu’on devrait écouter plus souvent, ils pataugent malheureusement dans le marasme électoraliste.

    L’histoire est un cauchemar dont je cherche à m’éveiller (James Joyce).

    PS : Philou, ton exemple n’illustre pas le principe général selon lequel la nature n’est pas parfaite. Par ailleurs l’humanité ne modifie pas son environnement pour rendre la vie meilleure, mais pour l’exploiter. Cela dit, si tu veux faire un coup bas, tu peux me rappeler par quel moyen je suis arrivé au Québec 😉

  24. Il y a une différence entre critiquer la technologie et la science et critiquer le capitalo-étatisme qui est à l’origine des effets néfastes de la technologie et de la science.

  25. Maintenant, peut-on revenir au fond de l’histoire. Les handicapés doivent-ils être exterminés?

  26. le conférencier en question Says:

    Je tenterai ici de répondre à différentes interventions. J’élaborerai du coup sur plusieurs sujets.

    Je commencerai d’abord par dire que, personnellement, je ne suis pas zerzanien. Ma capacité et mon envie de répondre de son point de vue sont donc limitées. Mais je trouve néanmoins que Zerzan pose des questions fondamentales que nous soyons d’accord ou non avec la manière dont il approche ces questions ou encore qu’il amorce d’y répondre.

    Disons-le tout de suite : mais voyons donc quel imbécile veut exterminer les handicapés ? Certes pas moi ! Je suis plutôt pour un combat qui se mène aussi dans l’optique de protéger le vivant et il y a beaucoup de preuves que le massacre physique des êtres est lié à la civilisation, à la destruction donc du vivant dans son ensemble.

    J’avais dit de lire le texte de la présentation de Russel Means sans tenir compte de la réputation et d’y réfléchir pour en discuter ensuite, du contenu de la présentation pas de l’aspect vedette ou pas de Means qui est une personne critiquable sur plusieurs aspects, mais dont la présentation est substantielle. Je répondrai donc aux discussions critiques de son contenu, sinon je m’abstiendrai. Vous pouvez aussi si vous préfèrez lire les textes de Zig Zag à warriorpublications.com ou en français dans certaines traductions sur kkkanada.anarkhia.org dont les Colonization : a war for territory et 500 years of Indigenous Resistance

    Arwen, je t’ai bel et bien répondu, dire que je ne l’ai pas fait ne repose que sur de la mauvaise foi.

    voilà la réponse déjà publiée :

     »Pour ce qui en est de Zerzan, je vous inviterai à l’écouter vous répondre plus directement à certaines de vos questions dont celle-ci (est-il un eugéniste, un partisan du massacre des populations… ?) dans cette entrevue que j’ai réalisée en 2008
    à http://hors-doeuvre.org/forum/pris/2008-06-02.mp3

    La réponse courte est qu’il ne se considère pas eugéniste, partisan de la
    destruction des populations, mais constate que la destruction de la planète engendrée par la civilisation y mène. Là-dessus, je ne peux qu’être d’accord. Alors comment éviterons-nous l’hécatombe générale ? C’est là il me semble une des questions les plus fondamentales. »

    Réduire ces débats à une question de  »gauche »,  »postgauche »,  »postmoderne » est infiniment simpliste. Par exemple, je suis postgauchiste peut-être en ce sens que je m’oppose à la gauche tout comme à la droite, toutes deux faisant partie d’un même système. Mais je suis communiste et matérialiste sans être marxiste et surtout
    marxiste-léniniste pas plus que partisan d’une forme d’État quelconque. La réalisation du communisme présuppose l’abolition de l’État.

    Je répondrai plus tard aux deux longs textes publiés maintenant en commentaire quand j’aurai accès de nouveau à l’Internet.

    Voilà pour l’instant

    Le problème est que le développement et des sciences et technologies telles que nous les connaissons aujourd’hui est lié directement dans ses fondements au système capitaliste et à la rationalité instrumentale qui trouve ses origines dans le développement de l’hégémonie bourgeoise. Ces sciences et technologies sont donc intrinsèquement liées au  »progrès » qu’est supposément le développement du capitalisme, de la rationalisation, de l’industrie, la colonisation, de l’arraisonnement destructeur de la nature, de la destruction du lien organique à la terre…

    C’est pourquoi dans l’optique de préserver le vivant autant que dans une optique anti-coloniale, une lutte est à mener contre le  »progrès ».

    HO et ses semblables n’ayant jamais pris en mains de répondre à ses questions réellement ne se sont fait finalement qu’une agence de préservation des rapports issus de la civilisation et du capitalisme en particulier. Non seulement ça, ils ont aussi considérablement été nuisibles (moins qu’ils ne l’auraient voulu probable) à ses questionnements.

    Voilà une réponse à la déclaration de guerre d’HO en 2008 qui fut écrite lors de la venue de Zerzan à Montréal :

    Entre le capitalisme et Hors-d’Oeuvre : misère et destruction

    (Ce texte prend également partie contre la campagne d’intimidation orchestrée par Hors-d’Oeuvre contre la venue de John Zerzan à Montréal)

    Entre le capitalisme et Hors-d’Oeuvre : misère et destruction

    Même si une partie du mouvement anarchiste se détache et attaque le postgauchisme, le primitivisme et tout ce qui leur échappe, nous savons que les questions demeurent entières.

    Hors-d’Oeuvre s’affirme ennemi de ceux/celles qui luttent contre le progrès.

    Le progrès ? C’est quoi ? Plus d’industries, plus de technologies, plus de territoires colonisés par le capitalisme… plus de médiations destructrices dans les relations entre les humainEs et la vie dans son ensemble. C’est la perpétuation et l’accentuation de la modernité bourgeoise occidentale que défendent même les syndicats en ne sortant pas des cadres balisés par le marché, le commerce, la spéculation, le productivisme, le travail aliéné, l’arraisonnement de la vie. Hors-d’Oeuvre partage le conservatisme des institutions qui ont fait le capitalisme, même d’État comme le marxisme-léninisme.

    Si l’anarchisme veut dire lutter contre toute forme de domination, Hors-d’Oeuvre n’a rien d’un collectif anarchiste. Ils affirment pourtant défendre la ligne juste du mouvement révolutionnaire, mais leur incohérence est manifeste.

    La destruction de la vie même autogérée, ça reste de la destruction, de la domination, de l’autoritaire. Dogmatiques dans ses fins et dans ses moyens (attaques, guerres pour la pureté, intimidation face à ceux/celles qui différent…), Hors-d’Oeuvre est un paravent de légitimité de ce que le système produit quotidiennement. Le progrès est une valeur incontestable pour l’avant-garde du capitalisme. Même chose pour HO ! Union des forces progressistes de droite comme de gauche ? Ne demeure au centre de la contradiction entre HO et le capitalisme que la méthode de gestion : gestion hiérarchique entre humainEs ou autogestion commune de ce qui dévaste ? Même marde, comme dirait l’autre ! Tout cela n’est que de l’Ostie de marde pour reprendre le titre polémique et provocateur d’un collectif qu’exècre HO.

  27. le conférencier en question Says:

    J’avais commencé cette réponse avant et c’est pourquoi je finissais avec  »voilà pour l’instant », j’ai rajouté le reste aujourd’hui.

  28. Je suis pour le progrès, mais il faut le redéfinir. Mais d’être anti-technologique, anti-science, anti-économie ou anti-marché repose sur des prémisses étatistes qui n’ont aucun sens.

    J’aime bien ce commentaire d’Anne Archet:

    « Je ne veux pas expliquer en détail comment on peut se passer de travail parce que c’est à chacun de le faire; mes trucs ne sont pas meilleurs que les vôtres. Et surtout, je n’ai aucune envie de pondre (encore) un autre système utopique, un mode d’emploi pour une société à assembler comme un meuble IKEA qui veut contraindre le réel à l’idée. Les faiseurs de systèmes m’ennuient et me terrifient car leurs ambitions totalisantes engendrent des monstres dans la réalité.

    Charles avait raison sur ce point: tu veux bâtir des idées idéales? Détruis d’abord les monstruosités (comme le travail).

    Tout ce que je fais, c’est inviter à l’expérimentation. Mais je vais quand même vous donner quelques pistes.

    Premièrement, je constate que les moyens de subsistance des peuples dits primitifs ressemblent à s’y méprendre aux loisirs des classes dites supérieures de nos sociétés industrialisées. En prime, ils dorment et rêvassent beaucoup plus. Et chez eux, il n’y a pas de collecte d’ordures.

    Autre exemple. J’habite dans un patelin où la plupart des individus travaillent dans une usine de pâtes et papiers (qui alimente les journaux à potins américains). Les gens n’y vivent que pour leurs week-ends, l’été pour le jardinage, l’automne pour la chasse et l’hiver pour le bricolage. Pourtant, si je leur dirait qu’ils pourraient abolir le travail, ils me regardent comme si je délirais.

    Au XIXe siècle, des théoriciens anarchistes communistes comme Kropotkine — au demeurant des apologistes du travail — estimaient qu’avec la technologie de l’époque et en éliminant les tâches inutiles (comme produire du papier pour les journaux à potins) on pourrait réduire la semaine de travail à un jour ou deux pour assurer les besoins matériels de tous. Avec la technologie actuelle, la semaine de travail serait rendue à quoi… deux heures?

    Évidemment, si vous voulez ne pas travailler et quand même avoir une vadrouille jetable à pile qui jute du savon à odeur de thé vert, vous rêvez en couleurs. Mais je suis profondément triste pour la personne qui a vraiment besoin d’une vadrouille jetable à pile qui jute du savon à odeur de thé vert. »

    http://annearchet.wordpress.com/2009/08/05/deproletarisons-nous/#comment-655

  29. le conférencier en question Says:

     »Je suis pour le progrès, mais il faut le redéfinir. Mais d’être anti-technologique, anti-science, anti-économie ou anti-marché repose sur des prémisses étatistes qui n’ont aucun sens. »

    En quoi ces prémisses sont étatistes ?

  30. Esprit critique Says:

    @ Raven

    Je suis allé lire le texte de Zerzan. Au moins, les choses sont claires : il ne veut rien savoir ni de l’anarchisme, ni du communisme. Et devine quoi, je suis d’accord avec lui sur ce point : il a développé sa propre idéologie, le primitivisme, qui n’a rien à voir avec l’anarchisme ou le communisme (libertaire).

    Maintenant une question : à quand le Salon du livre primitiviste de Montréal (au lieu de continuer à participer à celui des méchant-e-s anarchistes-gauchistes)?

  31. « En quoi ces prémisses sont étatistes ? »

    Des affirmations saugrenues comme celles-ci, par exemple:

    « La technologie et la science volent des jobs. »

    « L’économie, c’est le démon à cause du capitalisme. »

    « Le libre-marché crée des inégalités qui vont faire en sorte que l’humanité va s’écrouler. »

    @Esprit Critique

    « Au moins, les choses sont claires : il ne veut rien savoir ni de l’anarchisme, ni du communisme. »

    Tant mieux, parce que c’eût été foutrement hypocrite de leur part de se prétendre anarchistes. Je ne vois pas d’anarchisme là-dedans, encore moins chez ceux qui veulent laisser crever les handicapés. Par contre, les anarchistes peuvent s’inspirer des époques primitives pour mieux établir leurs principes, et s’inspirer de la simplicité volontaire pour vivre en marge du système capitaliste présentement.

  32. le conférencier en question Says:

     »Des affirmations saugrenues comme celles-ci, par exemple:

    « La technologie et la science volent des jobs. »

    « L’économie, c’est le démon à cause du capitalisme. »

    « Le libre-marché crée des inégalités qui vont faire en sorte que l’humanité va s’écrouler. »  »

    Je ne sais à qui parles-tu et de qui sont ces phrases.

    Il paraît y avoir des vérités très factuelles parmi celles-ci.

    Qui pour nier que la robotisation et les machines en général ont remplacé des humainEs dans plusieurs domaines de travail que l’on soit d’accord avec ça ou pas ?

    Qui se veut révolutionnaire et contre la domination en général pour nier que l »’économie politique est une science de la domination » comme le disait Guy Debord ?

     »« Le libre-marché crée des inégalités qui vont faire en sorte que l’humanité va s’écrouler. » »

    Même si les causes de destruction de l’humanité sont plus nombreuses que les inégalités, qui pour nier que la concentration de la richesse est un moteur de destruction de l’humanité, que la pauvreté est violence et qu’elle contribue à la destruction massive d’humainEs et que le libre-marché permet aux assoifféEs de profit et de pouvoir qui contrôlent déjà globalement ce monde de transformer toute forme de vie en marchandise, de les réduire au marché, à la vente, que ce mouvement est fondamentalement destructeur et à l’accéléré… ?

    Au-delà, si Zerzan, qui s’oppose à l’État, au capitalisme et aux formes de domination/exploitation, n’est pas anarchiste, c’est quoi l’anarchisme ?

    Je ne suis pas un fervent de Zerzan pas plus que de qui que ce soit, je suis très anti-religieux. Mais j’aime les débats/discussions les plus possibles honnêtes.

  33. « Qui pour nier que la robotisation et les machines en général ont remplacé des humainEs dans plusieurs domaines de travail que l’on soit d’accord avec ça ou pas ? »

    Bien sûr, mais créer des emplois ailleurs. De plus, les anars sont en faveur du ralentissement du travail, alors où est le problème?

    « Qui se veut révolutionnaire et contre la domination en général pour nier que l »’économie politique est une science de la domination » comme le disait Guy Debord ? »

    Vous ne savez pas de quoi on parle. En fait, heureusement que l’économie politique est là pour donner un contrepoids à l’économie normative et pour dévoiler clairement les travers économiques et les défaillances de marché causées par le jeu démocratique. D’accord, la plupart des économistes politiques servent l’intérêt du pouvoir, mais pas la science économique.

    « Même si les causes de destruction de l’humanité sont plus nombreuses que les inégalités, qui pour nier que la concentration de la richesse est un moteur de destruction de l’humanité, que la pauvreté est violence et qu’elle contribue à la destruction massive d’humainEs et que le libre-marché permet aux assoifféEs de profit et de pouvoir qui contrôlent déjà globalement ce monde de transformer toute forme de vie en marchandise, de les réduire au marché, à la vente, que ce mouvement est fondamentalement destructeur et à l’accéléré… ? »

    Vous décrivez les conséquences du capitalisme et de l’étatisme, pas celles du libre-marché.

    « Au-delà, si Zerzan, qui s’oppose à l’État, au capitalisme et aux formes de domination/exploitation, n’est pas anarchiste, c’est quoi l’anarchisme ? »

    D’accord, mais sa position technophobe est engendée par des mythes étatistes. De plus, des commentaires anti-handicapés comme ceux que cette blogueuse dénonce ne sont pas des positions anarchistes.

  34. Bakouchaïev Says:

    N’avais-je pas raison pour ce qui était de ma critique du nucléaire? Ok pour son utilisation en médecine, mais ne venez pas me dire que c’est une énergie propre et sécuritaire pour nos besoins énergétiques!

    Notre rapport à la technologie doit changer et je remet crissement en question les notions de progrès et de civilisation. La colonisation amenait le progrès et la civilisation et regardez ce que ça a donné.

    Je réitère que je ne suis pas primitiviste (j’utilise quand même un ordi en ce moment, quoi que les primitivistes ne s’arrêtent pas à ce genre de contradictions), mais pas assez d’anars critique les notions de progrès, de civilisation et notre rapport à la techno. Alors ce sont les primitivistes qui occupent le plancher.

    Si on fait juste auto-gérer notre usine nucléaire qui va nous péter dans la face, on a pas l’air plus brillantEs. Je ne vois pas le progrès là-dedans, mais toute l’ampleur de la bêtise humaine.

  35. Quelques précisions:

    1) Le nucléaire a de moins en moins à voir avec le progrès, car des énergies plus propres et plus efficaces sont en cours de développement. Il y a une différence entre le progrès et l’utilisation néfaste de ce progrès.

    2) C’est le tsunami qui a causé ce problème au Japon, pas un accident fortuit. Il n’y aurait pas eu cet incident si cette centrale n’était pas au bord de la mer. Et va falloir expliquer aux éco-fascistes que le nucléaire a réduit les émissions de gaz à effet de serre pendant des années au Japon, pays du protocole de Kyoto. Leur idéologie réchauffiste est en en train de leur péter dans la face! Oui, il est temps de passer à autre chose, mais il ne faut pas oublier l’Histoire.

  36. « Je remets crissement en question les notions de progrès et de civilisation. La colonisation amenait le progrès et la civilisation et regardez ce que ça a donné. »

    Je suis contre la colonisation et on peut très bien remettre en question la notion de société, même si des consensus à petite échelle seront nécessaires. Mais il n’est pas nécessaire d’avoir une civilisation et une colonisation pour obtenir du progrès. Au contraire, ça nuit au progrès.

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