Anarchisme et justice: Compatibles ?

Depuis que je suis née, la seule justice que j’ai connu est celle de notre démocratie libérale, représentée par la trinité Police, Procès, Prison. Je dois avouer que je suis une personne très rancunière et qu’à mes yeux, le pardon, c’est rien d’autre qu’un aveu de faiblesse.

Je suis ouverte aux idées d’une justice dite  »alternative » sauf dans certains cas. La pédophilie en fait partie. Comment « dealer » avec cette horreur, en tant que libertaire ? Comment réagir lorsqu’un ancien camarade (que je ne nommerai pas) s’avère être un putain de pédophile ?

Je n’ai toujours pas trouvé la réponse. J’ai réalisé, non sans douleurs, que des anarchistes peuvent s’avérer être de purs salauds. Même ceux avec qui je m’entendais super bien. À mes yeux, ce gars-là (le pédophile) est aussi pire qu’un néo-nazi.

Je n’arrive pas à réagir d’une manière libertaire, face à cette très dure révélation. Voilà pourquoi j’ai écrit et publié ce texte. J’ai besoin de vos opinions pour me faire une tête.

12 Réponses to “Anarchisme et justice: Compatibles ?”

  1. Right, comme les réponses pleuvent pas, je vais répondre même si je suis un lecteur occasionnel qui réponds généralement pas et que ma réponse va peut-être pas dans la direction que tu préfère…

    Premièrement, faudrait différentier entre pédophilie comme préférence sexuelle et pédophilie dans le sens d’abus ou de viol d’enfants… Pas parce que le premier devrait nécessairement être tellement plus acceptable socialement, mais parce que c’est ridicule de punir quelqu’un pour des pensées ou des préférences purement théoriques. C’est un fait que certains pédophiles ne passent jamais à l’acte. On les vois rârement aux nouvelles, parce que, ben, va donc dire sérieusement à quelqu’un ce genre de truc là! C’est choquant, mais faut quand-même y penser si on veut parler de justice.

    Deuxièmement, c’est clair que les punitions dans le style du système de « justice » existant ne devraient pas exister. Pas (seulement) parce qu’elles impliquent l’usage systématique de la force par un groupe précis et « privilégié » dans ce sens, mais parce que ça marche pas, ça crée plus de crime que ça en empêche.

    La « justice » selon moi c’est un concept entièrement humain, et son application dépends entièrement des humains. Je ne pense pas qu’on se débarassera totalement de toutes les formes de punitions qui semblent injustes dans le système carcéral moderne. Ça nécessiterait probablement d’utiliser la violence systématique, justement. Mais on peut essayer d’encourager des méthodes plus « libres ». Das bien des cas, la société elle-même est une punition valable. La simple réaction des gens face à un criminel peut être une punition valable et une meilleure façon d’éviter la récidive que la prison moderne… En tout cas. Y’a rien qui empêche des méthodes plus fortes dans certains cas, sans systématiser l’affaire.

    Je pense surtout qu’on verra et que c’est un sujet sérieux qui va nécessairement devenir plus clair si jamais on le mets e application, mais que dans tous les cas il vaut mieux critiquer la prison moderne que d’envoyer chier à longueur de journée les criminels ou les trous d’culs. L’absence totale de sympathie des autres, ça peut être une prison aussi, surtout quand c’est bien mérité.

  2. « J’ai réalisé, non sans douleurs, que des anarchistes peuvent s’avérer être de purs salauds. »

    Eh oui, des salauds, il y en a partout!😦

    « À mes yeux, ce gars-là (le pédophile) est aussi pire qu’un néo-nazi. »

    Ça me semble pire, sauf si le néo-nazi commet des actes d’agression.

    « Je dois avouer que je suis une personne très rancunière et qu’à mes yeux, le pardon, c’est rien d’autre qu’un aveu de faiblesse. »

    Le pardon absolutiste est un réflexe judéo-chrétien consistant à faire semblant d’agir comme s’il ne s’était rien produit.

    « Je suis ouverte aux idées d’une justice dite »alternative » sauf dans certains cas. La pédophilie en fait partie. »

    Et si on priorisait l’étude du comportement humain et la castration volontaire des pédophiles au lieu de la répression?

    « Comment « dealer » avec cette horreur, en tant que libertaire ? Comment réagir lorsqu’un ancien camarade (que je ne nommerai pas) s’avère être un putain de pédophile ? »

    La meilleure façon de réagir est la fuite. Pas de pédo dans mon entourage!

    Une autre façon de punir le crime et les actes immoraux est la réprobation sociale non violente qui est plus efficace que la répression policière.

  3. Un détail que j’ai oublié de mentionner dans l’article: j’ai réagis très émotivement ä cette nouvelle, pour des raisons personnelles que je ne mentionnerai pas.

  4. Je viens de me rendre compte que le titre de mon article n’était pas du tout approprié. Je vous demande donc de ne pas en tenir compte, merci.

  5. J’aime mieux ça!🙂

  6. Qu’est-ce que tu «aimes» ? Je ne comprends pas.

  7. Hasta la revolucion Says:

    Le pardon n’est en rien un signe de faiblesse c’est même le contraire, la violence est bien plus facile c’est se laisser aller à ses émotions. Le pardon c’est surmonter ses émotions et user de sa raison qui veut qu’on admette des erreurs. Dans le cas d’un pédophile je suis en partie d’accord avec Oli comme quoi il y a les pédophiles qui ne passent jamais à l’acte et ceux qui violent. Mais en anarchie je condamnerai la prison et toutes formes de privation de liberté au nom de la justice (concept bien abstrait). De ce côté je me rapproche plus de David : étude du comportement humain, soutient psychologique et castration volontaire. La vengeance est aussi immonde que le crime.

  8. J’aime mieux que tu reconnaisses que ton titre n’était pas approprié.🙂

    Je préfère la résilience au pardon absolutiste…

  9. Je vais répondre à vos messages plus tard. Mais je veux exprimer le fait que je suis surprise du petit nombre de messages reçus. Je m’attendais à beaucoup plus, en fait.

  10. C’est que ce n’est pas une question facile. :\

    Je penses que « Hasta la revolucion » a bien répondu….

  11. queer creature Says:

    Pas facile les questions de justice et anarchie… surtout sur des principes fondamentaux.

    Par rapport à ce qui a été exprimé je suis bien d’accord avec l’absurdité des peines d’incarcération et l’inutilité de la justice classique. Par contre la fuite ne me parait pas, mais alors pas du tout une solution valable. La fuite, comme la réaction viscérale et violente sont pour moi des signes de faiblesse.
    ( En pratique n’oublions pas que les tribunaux populaires (cours d’assises) sont la plupart du temps plus stricts que la justice institutionnalisée…. sacrée nature humaine!)

    Oui c’est dur de faire face à la réalité, de ne pas réagir avec ses tripes. pour moi d’un point de vue libertaire il faudrait arriver à considérer que l’auteur d’un crime pédophile agit tout d’abord contre lui-même. Du coup au lieu d’être puni (enfermé, rejeté socialement…) il faudrait l’amener par la réflexion à reconnaitre son erreur et respecter la liberté d’autrui.

    Je ne sais pas quoi penser de « la castration volontaire », c’est une image ou littéral? parce que pour moi la mutilation même autogérée fait synonyme de punition.

    Bon facile à dire de pas réagir avec ses tripes, hein? J’ai l’impression parfois que l’anarchie voudrait qu’on s’auto-gouverne jusqu’au bout, jusque dans le contrôle de nos réactions viscérales pour toujours rester ouvert-e-s aux autres et solidaires…

    Sinon, cette thématique pédophilie me fait penser à un film que j’ai trouvé assez perturbant et très intéressant de G Araki qui s’appelle ‘mysterious skin’. c’est assez fin pour souligner la complexité du problème sans tomber dans des clichés ou jugements à la va-vite.

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